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“Une maison est trop petite, trop limitée.Je veux le monde entier, et aussi les étoiles.” Sue Hubbel - Une année à la campagne
Samedi 18 août
Ponérihouen : une ville de la côte est, à 280 kilomètres de Nouméa.
La route suit d’abord la côte ouest jusqu’à Bourai. Un arrêt à l’heure du déjeuner chez mon amie Catherine à Moindou. Un grand plaisir à retrouver ce paysage bucolique, cette paix à l’écart du monde...
Puis c’est la transversale Bourail-Houaïlou qui passe par le col des Roussettes d’où la vue est impressionnante.
La route est toute en montée et descentes... sinueuses ! Je prends le temps de m’arrêter pour la détente et les photos. Toujours amoureuse de la blancheur des niaoulis qui captent la lumière,
des montagnes pelées,
et des îles de fraîcheur où baignent les cocotiers.
Encore un arrêt sur la plage de Moneo, à quelques kilomètres de Ponérihouen, dans une belle lumière de fin d’après-midi...
Et voici Ponérihouen : j’aperçois à gauche le lieu de la fête et je continue jusqu’au camping de Tiakan, trois kilomètres plus loin pour monter ma tente avant la nuit. Un superbe et immense camping en bord de plage avec, comme tous ses pareils ici, des emplacements individuels auprès desquels mettre la tente, et qui comprennent la case cuisine/barbecue et la case salle à manger avec une longue table familiale.
J’ai choisi mon coin pas trop près de l’eau : le vent qui souffle est impressionnant aujourd’hui, je me demande un instant si je parviendrai à monter la tente, mais si, la voici à côté de la hutte cuisine... (et dans le prolongement : la case).
J’ai le temps avant la nuit de filer vite voir le lieu de la fête : une bonne odeur de grillades et une sono qui bat son plein. Dans l’ombre qui descend sur l’immense pelouse, il y a quelque chose d’intime et détendu, le public est assis un peu partout...
Dimanche 19 août
Pas grand chose à faire au camping, la fête ne commence qu’à neuf heures et demie, je traîne un peu sur la plage,

puis j’ai le temps de m’arrêter en chemin pour photographier le pont métallique sur la Ponérihouen,

Un abribus coloré comme ils le sont presque tous ici... et écologiste !
La campagne est tranquille, quelques passantes vont à la messe...


... et moi à la fête...
Mais il y a encore peu de monde, je peux flâner devant les stands que la foule me cachait hier.

Autrefois réjouissance organisée par les clans pour la récolte de l’igname, cette fête est communale depuis 7 ans. C’est avant tout un grand marché de l’igname dont les stands proposent leurs huit variétés au concours, à l’admiration et à l'achat des visiteurs.

L’Association locale de gestion des centres agricoles lance un jeu...
La commune a étendu la fête à la présentation de ses autres richesses, le café, le bois. Un atelier de construction de pirogue attire les amateurs,

D’autres stands exposent des plantes ou appartiennent aux associations,
ou distribuent des informations : un mini-salon de l’étudiant (les études post-bac présentées par les étudiants de la Province nord), une initiation à la préservation de l’environnement...
Enfin le stand du Point I qui a mis en place toutes sortes d’activités : randonnées pédestres, balades sur la rivière/visite de la mangrove, confection et dégustation de bougna, visite en tribus, visite de champs d’igname, initiation à la sculpture, pêche de nuit, pêche de jour...
Je flâne en photographiant les stands tenus par les femmes aux robes multicolores...
devant le stand/restauration,
d’ignames,
ou de fleurs.
Et les cuisines s’activent.
Au programme : des danses (danse de la troupe de Kouaoua, des Diahots boys de Ouegoa, du collège de Téouty), et de la musique : des groupes d’un peu partout sur la Grande Terre ou les îles : Moneo, Poya, Poindimié, Lifou ...
Un petit thé en attendant : la guinguette est un bon poste d’observation de la tribune,
des allées ombragées de palmes et fleuries,

un bon poste d’où l’on peut innocemment photographier les spectateurs,


et les passant(e)s
Mais quel soleil ! Chacun s’abrite comme il peut,

Moi, pour le déjeuner, je préfère la plage de Mou tout près d’ici


sur l’aire aménagée de Pêuu... des farés avec table,
Certes il y a beaucoup de vent, il faudra improviser un couvercle pour parvenir à faire bouillir l’eau du café : une noix de coco...
Mais ce sera un café avec vue...

J’ai rendez-vous à 14 heures avec Philippe Pimbet, de la tribu de Néouta, pour une balade en pirogue. Le rendez-vous est au Point I... A 14 heures 15 toujours personne, ni Philippe Pimbet ni les cinq autres amateurs... “Allez-donc voir au départ des pirogues”, j’y vais... Personne ! Un voisin compatissant appelle le Philippe dans sa case : personne ! Bon je ferai quelques photos en l’attendant...
Des pirogues,
des rives,
C’est long ? On ne s’ennuie pas devant un tel paysage... A 15 heures : Philippe arrive, s’excuse d’une erreur de programmation... Arrivent aussi trois randonneuses qui escomptaient bien faire une balade avec lui... Tout le monde se penche sur le programme, Philippe Pimbet est inscrit trois fois à la même heure : à l’atelier pirogue, à la randonnée, à la balade en pirogue ! J’ai peut-être l’air plus désolé que les autres (ou bien est-ce parce que je suis toute seule ?) il me donne la préférence et nous voilà partis sur une de ces pirogues à balancier : pas beaucoup de place, gare à l’appareil photo
et attention quand on se retourne pour entendre les commentaires sur la tribu de Néouta, la fête de l’igname, et toutes les variétés d’arbres des bords de l’eau : cocotiers, bambous,
peupliers kanaks,
(quand ils se mettent à fleurir, me dit Philippe, c’est le temps de récolter l’igname... Dans le sud, à Prony, c’est quand arrivent les baleines que l’igname est à point : à chacun son repère de calendrier !)
avec leurs fleurs orangées,

des bouraos, et même un immense ficus,
enfin les palétuviers : quatre espèces, dont celle-ci, endémique, la plus rare.

On s’approche de l’autre rive,

des radeaux de “grands-mères” qui viennent pêcher les moules par ici, activité réservée aux grands-mères d’un certain clan,
des palétuviers “communs”,

et on se laisse bercer par le mouvement.
Après tout ce vert, retour à la fête des couleurs,



dans la lumière du soir.

Moins de monde, une petite nostalgie de fin de fête...


C’est bientôt fini, les cars repartent, à l’année prochaine dit le speaker, et tous se massent autour du podium pour accompagner les derniers chanteurs...


C’était très joyeux !


Lundi 21 août
Réveil matinal, la route sera longue...

Heureusement il y a la plage de la Roche-Percée à mi-trajet pour deux bonnes heures de pique-nique/baignade... la plage pour moi toute seule !
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