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“Une maison est trop petite, trop limitée.Je veux le monde entier, et aussi les étoiles.” Sue Hubbel - Une année à la campagne
Samedi 11 et dimanche 12 août 2007
Centre de colonisation agricole créé en 1867 pour la réinsertion des condamnés de bonne conduite, Bourail est devenu aujourd'hui, un village important et représente un important centre économique régional, un pôle agricole qui produit notamment 25 % des bovins néo-calédoniens et qui organise chaque année la plus grande foire agricole et artisanale du territoire durant trois jours à la mi-août, mixte entre une fête de cow-boy dans le far West, un salon de l’agriculture et de l’artisanat et une fête foraine.
La Foire de Bourail est tout à la fois une ferme en grand format, une basse-cour, une écurie, une étable, une fête foraine avec ses manèges, ses trampolines et ses autos tamponneuses, un mini-salon du 4x4 et de l’automobile, un salon plus conséquent du tracteur de la pelle mécanique et du gros camion (777 exposants).

Mais on peut aussi y acheter une petite voiture de ville, un quad, des vêtements western ou des objets artisanaux fabriqués par les tribus de la région.
On peut aussi se faire tatouer, se barbouiller les joues et les doigts dans une barbe à papa.
Les animations y sont nombreuses : spectacles de danse, démonstration de moto acrobatique (free-style et trial), les courses de motocross, de stock-car, et bien sûr l’incontournable rodéo, mais aussi l’exercice de maniement du fouet, le dressage de chiens, le rassemblement de troupeau, la course en sacs, le concert de country, sans oublier l’élection de Miss Foire de Bourail...
Départ samedi 11 heures après l’étude au Juvénat : j’ai squatté la voiture de ma collègue Marie-Ange et de son mari, Michel. Ils avaient été plus prévoyants que moi, ils ont une chambre à La Foa... j’emporte ma tente de camping !
Deux heures de route et nous y voilà : les lieux sont grandioses, un immense terrain (15 hectares) et les montagnes à l’horizon.
Des voitures un peu partout...
La tente est vite montée entre toutes ses sœurs : Je ne craindrai pas la solitude !
Nous, ce qui nous intéresse c’est le rodéo et il commence à 14 heures, allons-y vite !

Rodéo
Les premiers grands élevages des États-Unis furent ceux des missions espagnoles. La terre était là, libre, inculte, riche : il suffisait de lâcher quelques bestiaux à l'endroit propice pour avoir, quelques années plus tard, un grand troupeau.
La situation devint plus complexe lorsque les soldats, à la fin de leur engagement, reçurent des dons de terre du gouvernement espagnol : il était impossible de mettre en place des clôtures sur des kilomètres et des kilomètres et, l'eut-on fait qu'elles n'auraient probablement pas résisté à plusieurs milliers de bêtes, lorsque l'orage les affolait.
Ces immenses troupeaux n'avaient guère de débouchés : si, du Texas, on pouvait conduire son bétail sur pied pour en vendre la viande à la Nouvelle-Orléans, on vit en Californie pourrir des milliers de carcasses auxquelles on n'avait prélevé que la graisse, pour en faire des chandelles, et la peau, pour la tourner en cuir. Sans débouchés, ils n'avaient pas de valeur, mais ne coûtaient rien non plus : de l'eau, du soleil, et l'herbe poussait. Les vaqueros tuaient une bête lorsqu'ils avaient faim. Mais qu'était-ce en comparaison des veaux qui naissaient chaque année ? Sur la libre pâture (open range), le bétail se mélangeait, comme cela n'était probablement jamais arrivé dans la vieille Europe, où les terres étaient attribuées depuis longtemps, et où les seigneurs trouvaient d'autres possibilités d'investissement que des vaches en surnombre. Lorsque les ranches furent trop proches les uns des autres, chaque propriétaire voulut pouvoir compter ses animaux. La marque au fer rouge, appliquée sur le poil et dans l'épaisseur de la peau, laissait une trace indélébile : elle fut bientôt sur tous les adultes. Restait, chaque printemps, le problème des petits.
Pendant les premiers mois, l'enfant et sa mère se retrouvent toujours, par la voix et l'odeur. Les vaqueros mirent à profit ce signe de filiation et, avant l'été, les équipes mêlées des ranchos voisins rassemblèrent les bêtes à demi sauvages pour voir s'associer veaux et vaches, et marquer les plus jeunes. Une fois l'animal repéré, il fallait le séparer de sa mère et l'immobiliser, le temps d'appliquer la marque. On attrapait aussi un adulte au lasso, pour le soigner ou le manger et, pour avoir une monture fraîche, il fallait parfois aller la prendre dans une harde à moitié sauvage, et la dresser à supporter un cavalier et obéir à ses impulsions. Lorsque arrivèrent les Américains, ils adoptèrent les méthodes employées depuis des siècles par les vachers mexicains.
La seule manière d'arrêter rapidement un troupeau emballé est de le faire tourner en rond. Tourner. En espagnol : rodear ; d'où le mot rodéo... Les vaches sauvages s'égaient dans le maquis. En espagnol : chaparral. Pour les chercher sans se blesser aux épines, il faut couvrir ses jambes de cuir : ces sur-culottes s'appellent chaperreros, abrégé en chaps par les Américains. Mustang vint de mesteño, un mot ancien désignant les chevaux sauvages. Il existe toujours au nord du Mexique un "Llano de los Caballos Mesteños ", la Plaine aux Chevaux Sauvages. En même temps que le savoir faire, avec les modifications phonétiques inévitables, le vocabulaire des vaqueros se transmit aux cow-boys, que l'on appelait alors "cow-hands" et parfois "cow-punchers".
Tout est en place,
la buvette,

la tribune,
les chevaux,

les rodeomen,

et la foule... Il faut se faufiler pour parvenir à trouver une place... en plein soleil !

Après le défilé et la présentation des rodeomen, les épreuves vont pouvoir commencer : une trentaine de monteurs calédoniens et deux champions australiens...
La piste est libre pour :
• la monte de chevaux sauvages (le cow-boy doit éperonner sa monture à chaque soubresaut et tenir le coup pendant huit secondes)
Tiendra, tiendra pas ?

Aïe, Aïe, Aïe...

Non !

Bon et le cheval maintenant ?
Pas de souci les pick-up boys sont là... ils ont vite raison du cheval fou et le reconduisent au corral.

• le steer Wresling : deux cavaliers poursuivent un bouvillon (une vachette ?), il faut se jeter dessus et le renverser. Selon les règles, le cheval doit amener le cavalier assez près du bouvillon afin qu’il puisse incliner son corps à 45° en ligne avec le trajet du bouvillon et ainsi l’atteindre. A ce moment précis, en pleine course et avec une synchronisation parfaite, le cow-boy doit se glisser sur le dos de l’animal, lui saisir la corne droite, passer sa main libre sous la mâchoire et, après avoir immobilisé l’animal ou l’avoir amené à changer de direction, le terrasser le plus rapidement possible.
Pas facile...


et ça ne marche pas à chaque fois... “Bon, et alors qu’est-ce que je fais maintenant” dit la vachette qui vient se planter devant le public toute contente d’elle.
Oui, le spectacle est sympathique et il est partout,

tout le monde est content... mais chacun son truc,
ici,
ou à la rivière.

Les chapeaux sont de sortie,

Les parapluies aussi... mais pour le soleil !

Le public reflue,
vers la fête foraine,

les jeux de la chance,

la roue,

les autos tamponneuses,

les trampolines,

et pour les grands les danses polynésiennes... à admirer !

Mais aussi le hall des Comices agricoles,

les produits artisanaux,


(on vend du bougna)

les décorations sont étudiées...
C'est le coin des femmes,



et tout explose de couleurs.
Mais le soir tombe,

les enfants s’entraînent sur la piste préparée pour l’orchestre,

la nuit sera fraîche et bruyante pour les campeurs !
Dimanche 12 août
Après le trial impressionnant du dimanche matin,



ou pour les collègues qui nous ont rejoints, Catherine, Raymonde, et Robert, il y a encore le dressage de chiens ou la flânerie dans les stands et les achats...
il est temps d’aller déjeuner mais patience : l’organisation du restaurant n’est pas à la hauteur de ses fourneaux !

Un bon week-end mais il est l’heure de rentrer... pour l’étude du soir !
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