Une année en Nouvelle-Calédonie
Récit, accompagné de photos, d'une année en Nouvelle-Calédonie (découverte des paysages, de la population et des coutumes locales) et récit des voyages dans les pays voisins (Australie, Vanuatu...)

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UN VOYAGE AU VANUATU

“Une maison est trop petite, trop limitée.Je veux le monde entier, et aussi les étoiles.” Sue Hubbel - Une année à la campagne

 

 


du 30 juillet au 6 août 2007


La première découverte de l’Archipel par les Européens date de 1606. C’est le Portugais Pedro Fernandez de Quiro qui, croyant avoir atteint le continent austral tant cherché lui donne le nom de : “Terra Australia del Espirito Santo” d’où le nom actuel de l’une des îles, Espiritu Santo.
Ce n’est que 160 ans plus tard que Bougainville reconnaît cette île et lui donne le nom de “Grandes Cyclades”. En 1774 c’est le britannique James Cook qui découvre à son tour l’Archipel lors de sa deuxième expédition dans le Pacifique. On lui doit le nom de “Nouvelles-Hébrides”. Connu sous ce nom au temps du Condominium, l’archipel prend le nom de Vanuatu le 30 juillet 1980, jour de son indépendance politique.


Lundi 30 Juillet 2007
Tontouta - 16 heures 40 -
Port-Vila - 17 heures 50

Vu de haut avant de quitter la Grande Terre : les reliefs pelés du Nord, une immensité désertique impressionnante...
Rien de plus agréable que de humer l’odeur d’un pays à la descente de l’avion sur le tarmac : ici une odeur différente de celle de Nouméa, plus tropicale, la touffeur d’un monde végétal resserré, très proche.
Bien sûr il fait déjà nuit mais aussi plus chaud : nous sommes à 1000 kilomètres environ au nord de la Nouvelle-Calédonie. Un accueil agréable : l’attente à la douane est divertie par les chants d’un groupe folklorique, à la fois entraînants et mélancoliques comme tous les chants mélanésiens.
L’aéroport est près de la ville et le “transfert” me conduit rapidement à l’Hôtel Formule Holiday. Toujours impressionnant d’arriver dans une ville la nuit : deux mystères se superposent et d’autant plus qu’ici comme à Nouméa on est loin de la débauche occidentale d’éclairage. Un réverbère, la lumière d’une maison ou l’entrée d’un hôtel signalent de temps en temps l’épaisseur de l’espace et la vie ou plutôt son secret... La rue de l’hôtel ne fait pas exception : bords effilochés, absence de trottoirs comme partout dans l’île je le verrai demain, une entrée discrète dans un renfoncement et c’est l’hôtel avec le charme de ses chambres dans la verdure, ses allées pavées, ses fauteuils sous les arbres...


Le temps de me changer et je pars à la découverte sinon de la ville -où est-elle d’ailleurs au milieu de tant d’ombre ?- mais d’un restaurant. Au hasard le premier sera le bon pour déguster au bord de l’eau -petites lumières qui tremblotent au loin et quelques reflets- un curry sri-lankais qui me fait rêver de m’installer... au Sri-Lanka !
Guère d’impressions pour cette première soirée mais tout de suite un exotisme que n’a pas Nouméa, ne serait-ce que du fait de la langue anglaise parlée partout. Ajoutons l’impression d’un environnement plus rudimentaire et un accueil partout étonnant, non du fait de sa gentillesse ce qui est aussi le cas en Nouvelle-Calédonie, mais d’une sorte d’immédiateté : partout les gens vous saluent comme si vous étiez le copain du coin qu’ils connaissent depuis toujours... même dans un contexte commercial (hôtel, restaurant...).
La chaleur est moite, il bruine depuis l’arrivée et pour la nuit ce sera un véritable déluge qui me rappelle les saisons des pluies africaines. De quoi dormir chaudement bercée !

Mardi 31 Juillet
Le réveil est matinal : un groupe de touristes joue les coqs sous ma fenêtre. Pas grave j’ai à faire si je veux visiter Port-Vila aujourd’hui. Les trombes d’eau sont calmées... il reste une petite pluie. A vrai dire je m’aperçois assez vite que la ville est petite et qu’il y a peu à voir en dehors du musée où je me pointe à l’ouverture. Encore un accueil personnalisé : on vous serre la main, on vous demande votre prénom... pour trois touristes égarés là, le directeur du musée fait une petite démonstration virtuose de dessin-langage sur le sable puis nous laisse errer devant des vitrines où les objets ne sont guère mis en valeur. Mais pas mal de curiosités, dont la technique pour déformer le crâne d’un enfant selon la coutume (1) et quelques massues à cochon qui feraient la joie de mon ami Bernard avec qui nous avons visité récemment la Grande Terre.
Dehors, toujours de la pluie et un nombre étonnant de voitures dans ces rues elles aussi sommaires. Au centre ville ce n’est pas le luxe : boutiques chinoises comme ailleurs, cases

 

ou vieux baraquements de tôle entre quelques petits immeubles.

Au café où je finis par me réfugier, une population blanche d’origine anglaise (un accent nasal à couper au couteau, impossible de pousser l’identification plus loin) entretient par-dessus ma tête une conversation avec une autre table. N’ont pas trop l’air d’être touristes...
L’après-midi est consacrée à flâner dans toutes les boutiques : difficile de faire autre chose, il n’y a que cela et des cafés tout au long de la rue. Mais à la différence de la Nouvelle-Calédonie où l’artisanat est rare, il y en a beaucoup ici, et intéressant, non seulement dans quelques bonnes boutiques qui écument visiblement les îles du Pacifique mais aussi sous des paillotes en plein air, au bord de l’eau.

Le monde d’ici est organisé autour de cette maigre subsistance si l’on en juge par la pauvreté générale : entre les étalages sont installées, assises par terre, des femmes qui tressent la paille ; ailleurs c’est un souk de couturières qui me fait penser à celui de Hongkong. Et partout de très belles sculptures : je viendrai faire du shopping le 6 à mon retour de Tanna.
Mais le temps ne favorise pas le tourisme ni la circulation entre une file ininterrompue de voitures qui ne se soucient guère du piéton... et aucun feu rouge !
La présence française est assez importante mais c’est l’anglais qui a la priorité. Aperçu au passage le Centre culturel français, l’alliance française et l’Ambassade avec une pensée pour l’ami Garbes nommé ambassadeur ici en 2003, ex-patron de l’AEFE et dont la femme Janine était à la même époque que moi à l’Agence chef du secteur Asie/Pacifique. Dommage ils sont déjà repartis, je serais bien allée leur faire la causette.
Au total une journée sous la pluie (de nouveau battante à 5 heures) et dans la boue des rues,
je suis rentrée saucée... mais enchantée : on aperçoit ici une culture forte (celle des Kanaks, quoique encore bien vivante est déjà affaiblie).
Des cacahuètes (sublimes) achetées au marché ce matin (quand je suis repassée à 17 heures il était encore actif), une bonne bière et du poulet au riz/curry saisis au passage dans un Take away et je dîne... dans ma chambre !

Mercredi 1er août
Et toute la nuit, tranquilles, monotones, des trombes d’eau. De là-haut quelqu’un verse avec une parfaite régularité le contenu d’une immense bassine. La saison des pluies commence me dit-on à la réception. Heureusement c’est un peu plus calme au matin -petit matin- pour le départ vers Tanna : en cas de conditions météorologiques mauvaises on ne décolle pas ! 20 places dans le petit avion (pas trouvé de nom à l’intérieur) mais nous n’étions que 12, dûment pesés chacun ainsi que le sac à dos et à mains ! Mais pas d’inquiétude A Dieu vat !... Et d’ici on doit y aller plus vite, en quelque sorte en voisins...
Pas d’inquiétude mais un intérêt amusé, excité, de tous les passagers pour cet avion qui ressemble à un jouet : échange de plaisanteries d’Anglais très anglais avec le pilote et son copilote.

 

Finalement beaucoup de plaisir à être là-haut, dans un vrai ciel et non cette abstraction qui est celle des grands courriers, à voir (et photographier ! J’ai bien fait une vingtaine de photos...) la terre vue de ce ciel, les îles, les nuages et quelques curiosités dont il faudra que j’entretienne mes physiciens -ou scientifiques- préférés.

 

 

45 minutes de vol : il est vrai que l’archipel est long (80 îles et îlots qui dessinent un Y) et que je vais à celle qui est tout en bas du collier de perles, mais on ne va pas non plus très vite. Encore quelques photographies de la bête, au sol cette fois,

 

 

puis un transfert au Tanna Evergreen hôtel à 1 km de l’aéroport : au milieu du désert d’une route sablonneuse au soleil, des fleurs signalent l’entrée de deux hôtels, l’Evergreen,

 


 


et ses bungalows,

 

puis quelques cases,

 

 

et, à cent mètres, le White Grass resort plus luxueux, -tenu par une Anglaise que je verrais bien en Miss Marple- offre plus de possibilités (golf, tennis, salons d’accueil) sur un site à tomber à la renverse (je l’avais éliminé pour le prix : et ici les prix sont occidentaux !) mais j’y viendrai déjeuner tous les jours

 

pour ses jardins aux daturas,

 

 

 

sa vue,

 

ses “fauteuils sur mer”, on ne craint pas les voisins,

 

 

... au-dessus des falaises...

(mais pas de plage... il faut aller un peu plus loin)

 

enfin ses crépuscules !


L’Evergreen est néanmoins très correct avec ses bungalows dans la verdure (on se demande d’ailleurs ce qui ne le serait pas ici) et une petite structure plus familiale. La famille est futée : elle agrandit le lieu, on bâtit actuellement un restaurant avec vue (pour l’instant c’est le point faible, la cuisine quoique de qualité est servie dans une case fermée).
Un temps splendide aujourd’hui et une première matinée passée à chercher la plage sur un sentier de terre battue (pas d’autre route ici que des chemins sablonneux ou de terre battue) entre les herbes hautes et une végétation tropicale au milieu de laquelle on aperçoit parfois une case. Je suis longtemps le sentier, des enfants, deux femmes, une autre qui travaille à son jardin (me dit-elle) perdu dans les bois, et tous m’indiquent que la Little little White beach est un peu plus loin... Non, je l’apprendrai demain, elle est derrière moi... Je finis par rebrousser chemin et trouve tout de même le Blue Hole au milieu d’impressionnants rochers,

 

et un petit coin de graviers pour ma serviette... Mais une vue !!


Un petit repos avant le départ à 16 heures pour le volcan Yasur (2) : pour moi un vrai nom de personnage de roman ou de mythologie, dieu monstrueux ou diable je ne sais... en tout cas un spectacle inoubliable ! Certes il se mérite : une heure et demie de tapecul aller et une heure et demie de tapecul retour (et une bonne sciatique toute la nuit) dont une bonne demi-heure dans un désert de lave.

 

Auparavant une très belle végétation tropicale, banians, immenses fougères arborescentes, kaoris...
A l’arrivée un belvédère, balcon naturel : tout à fait dangereux avec ses bords non signalés voire avec éboulements possibles, où n’importe qui de la trentaine de personnes présentes pourrait glisser et tomber en pleine nuit,

ma veine aventurière s’est tenue prudemment à l’écart -quoique assez près pour profiter du feu d’artifice-, un belvédère d’où l’on surplombe non le four (un autre balcon un peu plus bas le cache) mais le feu et les explosions de ce géant malappris. A vrai dire c’est nous qui ne sommes pas à notre place, vraiment dépassés par l’énormité de ce travail sous nos pas d’une terre où nous prétendons vivre. Philosophie de gare certes mais impossible de l’éviter ici ne serait-ce qu’un instant, et je dois dire que moi qui n’étais guère sensible jusqu’à présent au charme des volcans, j’ai été et reste subjuguée par la déclaration enflammée de celui-ci, comprenant -enfin !- que l’Empédocle antique ne s’est pas jeté dans le cratère de l’Etna mu par le seul désir, dit-on, de dépasser la condition humaine mais peut-être happé par un vertigineux appel...

 


 

Tous mitraillent, avec des appareils plus ou moins sophistiqués, avec pieds, sans pieds... Une équipe de la télévision vietnamienne est là ainsi que quatre collègues de co-voiturage, deux juifs intégristes redoutables demandant à leur voisine (non, pas moi, j’étais pour une fois décente) de cacher ce genou qu’ils ne sauraient voir (no comment !) venus pour six mois au Vanuatu enseigner l’art de gérer une ferme (j’espère que les poules sauront se conduire correctement), et deux Aixois sympathiques qui collectionnent les voyages (six par an me disent-ils, ajoutant “mais c’est un choix de vie”), lui chercheur (de quoi ? Je ne sais pas encore) et elle infirmière. Intéressants, je leur donnerai mon adresse à Nouméa où ils vont passer les trois semaines prochaines. Et aussi l’adresse d’AGIR qui les intéresse bien sûr...

Jeudi 2 août
Toujours un temps splendide et cette fois j’ai trouvé la plage. Il faut tourner à gauche au Great Banian, j’ai tourné à gauche au Great Banian... C'est tout simple non ? Plus une crique qu’une plage à vrai dire, mais totalement solitaire, ça me va très bien... Ses rochers,


 


ses recoins et ses reflets,

 


et les détails des roches...


Pas de problème, entre le ciel, la mer et moi c’est le grand amour. Un bain, une aquarelle et un bouquin. Encore un paradis, il va falloir que je songe à leur mettre des étoiles. En sortant j’apercevrai une femme en train de tremper ses fibres de cocotier (pour tresser la case ?).
Déjeuner sur la terrasse du White grass, retour repos à la case avant un thé au crépuscule (une vingtaine de photos ?) de nouveau au White grass : un de ces moments parfaits de silence et de solitude dont j’ai bien du mal à m’arracher pour rentrer...

 

 

Mais la petite route sent bon la campagne, la vache, sa bouse, les cochons, et les grands arbres se sont figés dans la lumière rose du soir : il fera beau demain !



Vendredi 3 août
... et il fait un temps splendide ! Alors remettez-moi ça : la même petite journée, la même crique au soleil, aquarelles et lecture, déjeuner, promenade sur la plage de l'Evergreen à marée basse,

 

à observer les jeux d'eau et sous l'eau,

puis thé au crépuscule (et photos !) à Terrasse-sur-mer au White grass.

Grand vent le soir. Au dîner un Australien (origine néo-zélandaise) m’apprend que l’île d’Espiritu Santo a connu un fort séisme hier (7 sur l’échelle de Richter). Situé sur la ceinture de feu du Pacifique, point de rencontre de deux plaques tectoniques continentales, le Vanuatu connaît de fréquents tremblements de terre, mais rarement aussi forts.

Samedi 4 août
Toujours beaucoup de vent mais toujours un temps splendide et un peu de nouveau aujourd’hui : désireux de recevoir un groupe venu pour un mariage, l’Evergreen m’a tout simplement... éjectée ! Et conduite à 15 minutes de là au Tanna Sunset bungalows. Encore un site à couper le souffle et cette fois la case a vue sur mer même si celle-ci est comme partout ici à peu près inaccessible (falaise qui la surplombe),

néanmoins bien sûr je fais savoir vivement mon mécontentement (valises, transfert, réaccoutumance), mais Helen qui tient le lieu est touchante de gentillesse directe et je suis la seule occupante !

(ma case)


Il faut dire que ce lieu d’accueil ne date que de deux ans et n’est pas encore connu des touristes et des Agences. Des liens personnels se tissent avec Helen : me voilà promue à la publicité pour le Sunset, je n’y manquerai pas : calme, gentillesse, cuisine locale dans la salle commune, bungalows tissés aux couleurs du Vanuatu (rouge, jaune, vert)

et à cinq minutes d’ici le village de Lenakel où Helen a décidé de m’accompagner tout à l’heure pour me faire connaître tout le monde !

(Helen et son petit-fils)


A noter aussi : des promenades possibles tout autour au lieu de la longue route blanche et monotone de l’Evergreen où le touriste est captif des excursions proposées à des prix prohibitifs (50 euros la moindre visite de village ! J’ai résisté pour le principe).
Déjeuner avec trois touristes australiens d’un hôtel voisin venus prendre le lunch ici. L’occasion de bavarder un peu...
Deux aquarelles, un peu de lecture, puis “à la fraîche” le tour du village (300 personnes environ), longue promenade d’une heure dans et autour avec Helen et son petit-fils à admirer :

 

le vieux banian,

les cases,

 

 

le port (deux bateaux par semaine), la plage, de nombreuses boutiques, un centre commercial,

 

 

une école, un marché, un hôpital, et même des ronds-points.

 

Nous sommes samedi, tout est fermé, la jeunesse traîne désœuvrée -non, non me dit Helen pas de lieu pour danser ou chanter, juste des bars à kava (3). Oui, les femmes peuvent y aller-.


J’ai protesté et à juste titre contre le déplacement, mais je n'ai pas perdu au change : cela a été l’occasion de découvrir un village (j’avais fini par imaginer qu’il n’y en avait pas sur l’île de Tanna !), et au lieu
d'une longue ligne droite entourée d’un mur de verdure,un vrai paysage,

- et celui-ci a beaucoup de charme avec ses cocotiers-girafes-,

ses espaces dégagés bordés de bosquets ou de cases. Enfin le plaisir de la conversation (anglaise) détendue avec Helen (deux mels par jour depuis mon retour... et je suis porteuse d’une lettre à une amie à elle à Nouméa que je vois demain). Helen rentre préparer le dîner, je continue la promenade une petite demi-heure histoire de prendre encore quelques photos du village, de ses maisons.

 

 



Et je retourne sur la plage admirer les jeux des enfants,

 

les pirogues à balancier,

... et le crépuscule :

sur la plage,

 

 

 

 

 

ou les maisons,

 

 

ou les arbres,


(Pandanus)

 


(et cocotiers...)

 

Encore un dîner sympathique où Helen a convié pour me tenir compagnie son amie Windy néo zélandaise qui campe sur le terrain et qui est là, si j’ai bien compris les subtilités de son anglais, pour former des maîtres d’école sur toute l’île. Et voilà trois femmes à deviser dans un coin paumé du Vanuatu !

Dimanche 5 août
Ce matin Helen m’a accompagnée sur les rochers au bord de l’eau en attendant qu’on vienne me chercher pour l’aéroport. Quelle joyeuse gaillarde ! Elle se met à l’eau (et je regrette de ne pas avoir le temps de l’accompagner).

Encore un paquet de photos pendant qu’elle prend son bain tout en saluant joyeusement au loin les femmes du village venues faire leur lessive. Nous nous sommes embrassées comme du bon pain au départ (ainsi que l’amie Windy installée en robe mission dès potron minet devant sa tente et son computer !). Pas vu de télé ici mais Internet partout : bravo le net qui permet à la plus petite île du bout du bout du monde de se relier aux autres !
Toujours le petit avion au retour (twin otter aircraft dit la notice cette fois).
Une grande source d’émotion cet avion d’où l’on peut voir la mer à disons 1000/ 2000 mètres, parfois une vieille mer à la peau toute ridée au soleil, ou bien le lagon...

 


Aujourd’hui pour le retour à Port-Vila, le temps est nuageux (et très lourd à l’arrivée). Malheureusement j’avais oublié que nous sommes dimanche. Tout est vide. Juste quelques touristes occupés à dévaliser l’unique boutique et s’empiler dans l’unique fish and chips ouverts.

Lundi 6 août
Une chaleur étouffante pour une journée de courses. Pas de pluie en vue et heureusement car j’ai laissé mon pull et mon Kway sur une chaise de l’aéroport (voilà qui rappellera de bons souvenirs à mes amis Françoise et Bernard : j’ai déjà oublié un Kway au gîte St Gabriel à Touaourou).
Beaucoup de touristes (australiens) et la ville est très animée. Je m’installe sur un banc au marché et je mitraille les produits locaux,


(taros)

 


ou les paniers,

ou les couleurs des robes mission,

 

 

 

ou les montagnes de produits

que les mammas du coin font entrer vigoureusement dans les petits taxis rouges qui les ramènent chez elles.

J’achète plusieurs sculptures mais j’apprends que le magasin a une succursale à Nouméa (et même à Magenta !). Le patron me dit qu’il passe sept mois de l’année à écumer les villages de toutes les îles du Pacifique : les plus belles sont de Papouasie Nouvelle-Guinée et des îles Salomon. Voilà qui me donne envie d’y aller !
De la baie où je suis installée à midi pour une pizza, j’admire les bungalows pieds dans l’eau du luxueux hôtel Iririki,


 

 

les voiliers du port de plaisance... et le départ d’un cargo pour Bali dont la sirène d’adieu me fait rêver.

 

Un bilan ? Six bouquins dévorés (dont cinq polars !), 360 photos, une amie, des émotions fortes (avion, volcan !), un monde hors civilisation -ou presque-, une absence de racisme -Français, Anglais, Vanuatuais (?) semblent complètement mélangés, copains détendus (et même dans le cadre de relations hiérarchiques direction/employés comme à l’hôtel)-, une absence de vrai tourisme mais un sens de l’accueil qui donne du charme à tous les gestes et a finalement plus de force que toutes les manifestations décoratives luxueuses : fleurs fraîchement coupées, hibiscus, bougainvillées, déposées sur le lit, sur la table, le lavabo, dans l’assiette, voire au sol, vase sans prétention de fleurs des champs entouré de coquillages...
Une île au soleil ? Pas un paradis, non... Beaucoup de pauvreté.
Mais un évident accord de l’homme avec lui-même, la société et son cadre de vie, et c’est une autre forme de richesse.

 

____

(1) Toujours cette “coutume” omniprésente ici comme en Nelle-Calédonie, qui règle l’art de vivre mélanésien, la paix, la guerre mais aussi la manière de se rencontrer, se parler, vivre ensemble...

(2) Le Vanuatu est une chaîne d’îles volcanqiues jeunes.

(3) Le kava, kawa ou kava-kava (kawa kawa) est une plante originaire du Pacifique occidental. Il est connu sous les noms de 'awa à Hawaii, de 'ava aux Samoa et de yaqona aux Fidji. Apparenté au poivre, ce que confirme son goût, son nom scientifique est Piper methysticum. Le kava est utilisé depuis des temps immémoriaux dans la vie religieuse, culturelle et politique de l'ensemble du Pacifique.
En Occident, on utilise le kava en infusion pour lutter contre les symptômes du stress, de l'anxiété et de la dépression.


Publié à 01:35, le 8/08/2007,
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