Une année en Nouvelle-Calédonie
Récit, accompagné de photos, d'une année en Nouvelle-Calédonie (découverte des paysages, de la population et des coutumes locales) et récit des voyages dans les pays voisins (Australie, Vanuatu...)

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BILLET DE RETOUR

"Quand le virus de la bougeotte s'empare d'un agité et que la route qui s'ouvre à lui paraît large, droite et bonne, la victime doit commencer à trouver en soi une raison suffisamment plausible pour partir. Ceci, pour un trimardeur doué de sens pratique, ne souffre pas de difficulté. Il possède tout un choix de bonnes raisons." Voyage avec Charley - G. Steinbeck

 

2008
9 février
Au revoir à l’Ardèche, aux amis, aux promenades dans les coins, ces coins perdus qui n'attendent personne et attendent pourtant, ruines dans les broussailles, détours d'un chemin qui serpente, grange abandonnée, sur fond d'Alpes bleutées, blanchies... Au revoir aux petits matins frais, à ce bon petit froid piquant, ces gelées crissantes, ces matins pâlots qui font de chaque colline une promesse, ils ne vont pas me manquer, non, car j’aurai autre chose, mais...

 



(sur la route de Palix)

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(en revenant de Leygua)
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(Saint Martin de Cols)
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(La Cheminas)_

10 février
Au revoir à Paris, à la famille, aux amis...
au Parc de Sceaux un dimanche...
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Je ne crois pas que sur la terre
Il soit un lieu d'arbres planté
Plus célébré, plus visité,
Mieux fait, plus joli, mieux hanté,
Mieux exercé dans l'art de plaire,
Plus examiné, plus vanté,
Plus décrit, plus lu, plus chanté,
Que l'ennuyeux parc de Versailles.
Ô dieux ! ô bergers ! ô rocailles !
Vieux Satyres, Termes grognons,
Vieux petits ifs en rangs d'oignons,
Ô bassins, quinconces, charmilles !
Boulingrins pleins de majesté,
Où les dimanches, tout l'été,
Bâillent tant d'honnêtes familles !
Fantômes d'empereurs romains,
Pâles nymphes inanimées
Qui tendez aux passants les mains,
Par des jets d'eau tout enrhumées !
"Sur trois marches de marbre rose" (Musset)
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Il ne s'agit pas de Versailles, mais... les bordures symétriques des boulingrins avaient belle couleur,
les "pâles nymphes inanimées" avaient les formes bien rebondies,
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et si je n'ai pas vu de Satyres,
j'ai vu des solitaires qui avaient choisi leur arbre,

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et des enfants la liberté...
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Tout cela ne va pas me manquer, non, car j’aurai autre chose, mais...


14 février
C’est parti pour 22000 kilomètres.
37 heures de voyage avec une longue escale à Tokyo. Mais il y a toujours de quoi faire et... voir. J'ai donc arpenté Tokyo-Narita de 10 heures du matin à 21 heures... Une vraie ville on n'a pas le temps de s'ennuyer. Jai fait le tour des deux terminaux et de leurs boutiques, me suis offert une douche et un déjeuner...
Les Japonais sont bien organisés : on trouve des chambres à la journée dans l'aéroport. J'en aurais bien loué une pour me reposer un peu mais elles étaient déjà toutes occupées. J'ai tout de même réussi à dormir "en pointillés" dans un boarding lounge (pendant l'embarquement d'un vol pour Los Angeles...), il faut dire que je n'avais dormi que quatre heures la nuit qui avait précédé le départ et deux heures la nuit suivante. J'ai découvert ensuite qu'il y avait un peu plus loin un salon avec coussins où l'on peut s'étendre et dormir. C'est fou ce qu'il y a de bonnes idées si on va les chercher un peu partout dans le monde ! N'empêche, ma petite demi-heure de somnolence m'avait mise en forme et je me suis bien régalée à parcourir l'aéroport en faisant des photos...
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J'ai déniché aussi le casque audio de mes rêves pour mon Ipod si bien que je me suis offert une fin de journée en salon de musique !
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Un beau voyage... Pas mal de rencontres, on dirait que la perspective de cet exil au bout du monde les suscite : au départ, dans la file d'attente, un couple de Nouvelle-Calédonie, professeurs au lycée agricole de Poimbout (nord de l’île) depuis plusieurs années, ils ont tellement aimé qu'ils sont restés là à la retraite "en brousse"... et connaissent bien le Juvénat...
(dans la même file une journaliste "scientifique" (à La Recherche je l'ai appris ensuite car nous étions voisines dans l'avion) qui partait une semaine à Helsinki pour accompagner dans l'Arctique une mission scientifique d'étude du réchauffement).
Dans l'attente du Nouméa/Tokyo c'est d'un autre couple que j'ai fait la connaissance, lui vient d'être nommé professeur lettres classiques au lycée des Portes de fer près de chez moi et elle, professeur de lettres à la retraite cherche à s'embaucher, bien sûr j'ai fait la pub du Juvénat et leur ai passé aussi pas mal de renseignements pratiques.
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Enfin un bon débarquement ce matin dans la touffeur nouméenne : dans l'absolu la chaleur n'est pas extraordinaire (34° aujourd'hui) mais on a l'impression d'entrer dans une étuve. Une bonne petite chaleur, je me sens dans mon élément. Ça change du 1° à Tokyo...
A présent un bon orage menace, ça ferait du bien.
Non seulement on m'attendait mais la secrétaire était passée hier pour remettre en route mon frigo et le remplir (yaourt, fruits, légumes, oeufs et jus de fruit !). J'ai l'impression d'être partie hier et je me retrouve chez moi avec un immense plaisir.
A présent tout est en place, prêt à redémarrer dès demain, le linge est lavé (et même presque sec) et les valises dans leur placard ! Je ne tarderai tout de même pas trop à me coucher parce que la nuit dernière je n'ai encore dormi que deux heures. En trois nuits c’est peu. Donc... c'est reparti !

15 février
J'ai dormi la nuit dernière quatorze heures d'affilée sans même me réveiller une fois ! Et à présent je suis en pleine forme.
J'ai organisé à midi un bon petit repas pour les deux bonnes copines du Juvénat, la secrétaire et la comptable, deux filles très sympas, remis en ordre tout mon bureau et trié le courrier arrivé en mon absence. Demain Je pense que je serai prête à attaquer l'extérieur et retrouver mes marques dans Nouméa, le marché, la bibliothèque, etc.

La prochaine arrivante le 18 est professeure de français, puis le 20 également une professeure de français et la professeure de philo. Avec toutes j'ai eu des contacts et je les inviterai à déjeuner le jour de leur arrivée.

Il fait très chaud, surtout très orageux. Une bonne pluie en fin de journée et tout est nettoyé...

19 février -
Aujourd'hui je sers de guide à la nouvelle arrivée qui est tout à fait sympathique. Un peu paumée et se demandant ce qu'elle est venue faire si loin... C'est normal ! Demain j'organise un déjeuner avec elle mais aussi les trois qui arrivent demain matin.

21 février
Arrivée la première (volontairement et pour cette raison) et installée ici depuis un an, me voici devenue "hôtesse d'accueil". Un repas sympathique hier, une bonne ambiance, mais cinq femmes... que de paroles !

28 février
Evidemment j'en ai tant fait ces jours-ci que pour ma première journée de repos je n'ai guère d'entrain. Il faut dire que la pluie me consigne dans mon appartement et que je commence à devenir enragée. Je crois qu'il a plu tous les jours sauf un depuis mon arrivée et que je n'ai guère pu faire que trois petites promenades matinales qui sont un peu la condition de ma survie ici.

J'ai fait un petit tour à l'Agence de Voyages hier car je commence à avoir des démangeaisons : j'avais le projet d’aller rejoindre une amie à Lhassa, j’abandonne vu les liaisons aériennes il faudrait compter une cinquantaine d'heures de trajet (pour y passer cinq jours !). La Thaïlande est très chère... Je lorgne vaguement sur le Cambodge mais je vais peut-être renoncer à l'Asie sauf le Japon ; et l'Australie suffira à mon bonheur (mais la Tasmanie que je visais n'est pas très abordable non plus...).
Et pourquoi pas Papeete ?
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Vendredi 29
Enfin un temps au beau fixe et j'ai filé à l'île des Canards, mon remède pour tous les maux, et j'en suis revenue requinquée. Quelques heures de chaise-longue, le soleil et la mer, je vais faire breveter le système...
J'ai un béguin pour cette île. Sorte de parc naturel, tout y est préservé : les plantes, les coquillages, un chenal de nage où l'on peut "rendre visite" (inscriptions explicatives sur des pancartes accrochées aux bouées) aux poissons et coraux... Cette fois-ci j'ai nagé très longtemps et tout regardé attentivement, des poissons "clowns", des "sergents majors ou bagnards" aux coraux branchus, feuillus, massifs, etc... On est transporté en pleine féerie dans un autre monde...
Et tout y est beau, jusqu'à la case aux sculptures bien taillées.
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Lundi 10 mars
Hier, première journée de soleil depuis longtemps, nous avons organisé mon collègue Pierre (également “ancien”) et moi un pique-nique pour toute la troupe à Plum à une quinzaine de kilomètres de Nouméa, c'était réussi.
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Il faisait très beau le jour du pique-nique mais les photos datent d'un jour où j'y suis retournée et où j'ai eu moins de chance mais trouvé une jolie petite bête... Coccinelle ?

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14 mars
L’agitation de la rentrée se tasse, je commence à retrouver mon rythme (marches et baignades le matin, lecture/écriture l'après-midi), la promenade Pierre Vernier un peu détrempée par les pluies (il pleut depuis mon arrivée)...
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C'est la saison des "bonnets d'évêque" (nom savant ?) :
 
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et ses pêcheurs...

 
 
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Je continue à  prévoir les prochains voyages, ça se dessine à peu près : l'Australie en terre aborigène cette fois -terre d'Arnhem- du 24 avril au 4 mai, et un petit tour ici sur les îles -Ouvéa/Lifou par bateau- du 4 au 13 avril).

Le week-end de Pâques se prolonge en cinq jours et je vais peut-être partir du côté de Koné dans le Nord : un superbe dépliant propose des randonnées pédestres avec découverte de la vie en tribu, des cultures d'ignames, taros, etc. et des points de vue "magnifiques". J'hésite juste un peu à cause de la chaleur...
Mais pas encore repris le rythme photos ni courrier... tout se fait tout doucement, rythme mélanésien oblige et probablement la chaleur surtout très humide (84%humidité).

17 mars
Quelques perspectives culturelles : samedi je suis allée prendre un abonnement au centre culturel Tjibaou et un billet pour une pièce de Bernard-Marie Koltès (Combat de nègre et de chiens) pour le 29 mars. Outre les réductions sur les spectacles, l'abonnement me donne une entrée gratuite aux expositions. Il y en avait une que je voulais voir hier (un sculpteur du Vanuatu) mais, alors qu'elle est ouverte depuis le 1er mars, la porte était fermée parce qu'on était en train de la décorer ! On ne verrait pas cela en métropole. Mais d'un autre côté c'est un peu ce que j'aime ici : rien n'est jamais vu sous l'angle de la rentabilité, de l'ordre ou du règlement. Ça fait désordre, mais quelle marge pour la vie !
J'ai prévu aussi un concert le 16 mai (quatuors de Schubert, Haydn, Rachmaninov) et un autre le 4 juillet (la pianiste Anne Queffelec que j'aime beaucoup, dans Scarlatti, Liszt, Chopin, Debussy et Ravel).
Enfin samedi j'ai décidé impromptu d'aller au cinéma (il y a douze bonnes salles dans un cinéma, quatre dans un autre, ça donne de la marge et ce qu'on joue est plutôt récent) pour voir "Bienvenue chez les Ch'ti" mais c'était pris d'assaut alors j'ai vu "Détention secrète" un bon polar et j'ai pris pour le lendemain un billet pour les Ch'ti. Il pleuvait, alors... Bon j'ai vu... On rit bien c'est vrai et on passe un bon moment mais c'est tout de même de la grosse farce...
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21 mars
Il pleut, il pleut, il pleut (depuis un mois et demi ou presque !) ... et la Bergère reste donc à l'étable : le petit camping à la plage de Foué près de Koné tombe à l'eau, c'est le cas de le dire. C'est complètement hallucinant : ce n'est pas de la pluie c'est de la douche, ces jours-ci c'était plutôt frais (à peu près comme en "hiver" : 23°). Depuis ce matin c'est plutôt chaud de nouveau... mais il pleut toujours autant !
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samedi 22 mars
Toujours noyée sous les trombes d'eau calédoniennes... Il a plu sans discontinuer lentement et sûrement depuis trois jours (et je crois qu'on en annonce autant). J'ai tout de même osé m'aventurer hier soir jusqu'au centre Tjibaou pour une soirée de la francophonie, un peu pompeusement baptisée ainsi mais néanmoins des petites choses intéressantes devant un public... réduit (une quinzaine de personnes).
Programme:
18h00 : présentation des albums jeunesse de l’ADCK
18h30 : lecture de textes «Les mots des murs» par Denis Pourawa
19h00 : lecture de textes «La tresseuse de panier» et «Ailleurs toutes» par les Kidams
20h00 : mini concert de Tévita en salle Komwi dans le cadre de l'exposition "Si y'a pas toi, y'a pas moi".
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dimanche 23
Toujours des trombes d'eau en plein milieu de journée mais on dirait qu'un mieux se dessine, en tout cas il y a eu une petite éclaircie aujourd'hui ! Il paraît que c'est la "nina" qui fait des siennes (el nino c'est pour la sécheresse...). Je suis allée déjeuner chez mes amis installés ici depuis 38 ans : ils me disent n'avoir connu que trois années d'une telle saison des pluies !































































































































































 



Publié à 10:13, le 24/03/2008,
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FÊTE DE L’IGNAME, DU CAFÉ ET DU BOIS à Ponérihouen

“Une maison est trop petite, trop limitée.Je veux le monde entier, et aussi les étoiles.” Sue Hubbel - Une année à la campagne

 




Samedi 18 août
Ponérihouen : une ville de la côte est, à 280 kilomètres de Nouméa.
La route suit d’abord la côte ouest jusqu’à Bourai. Un arrêt à l’heure du déjeuner chez mon amie Catherine à Moindou. Un grand plaisir à retrouver ce paysage bucolique, cette paix à l’écart du monde...




Puis c’est la transversale Bourail-Houaïlou qui passe par le col des Roussettes d’où la vue est impressionnante.


 

La route est toute en montée et descentes... sinueuses ! Je prends le temps de m’arrêter pour la détente et les photos. Toujours amoureuse de la blancheur des niaoulis qui captent la lumière,


des montagnes pelées,


et des îles de fraîcheur où baignent les cocotiers.




Encore un arrêt sur la plage de Moneo, à quelques kilomètres de Ponérihouen, dans une belle lumière de fin d’après-midi...


 

Et voici Ponérihouen : j’aperçois à gauche le lieu de la fête et je continue jusqu’au camping de Tiakan, trois kilomètres plus loin pour monter ma tente avant la nuit. Un superbe et immense camping en bord de plage avec, comme tous ses pareils ici, des emplacements individuels auprès desquels mettre la tente, et qui comprennent la case cuisine/barbecue et la case salle à manger avec une longue table familiale.

J’ai choisi mon coin pas trop près de l’eau : le vent qui souffle est impressionnant aujourd’hui, je me demande un instant si je parviendrai à monter la tente, mais si, la voici à côté de la hutte cuisine... (et dans le prolongement : la case).


J’ai le temps avant la nuit de filer vite voir le lieu de la fête :
une bonne odeur de grillades et une sono qui bat son plein. Dans l’ombre qui descend sur l’immense pelouse, il y a quelque chose d’intime et détendu, le public est assis un peu partout...




Dimanche 19 août
Pas grand chose à faire au camping, la fête ne commence qu’à neuf heures et demie, je traîne un peu sur la plage,



puis j’ai le temps de m’arrêter en chemin pour photographier le pont métallique sur la Ponérihouen,





Un abribus coloré comme ils le sont presque tous ici... et écologiste !




La campagne est tranquille, quelques passantes vont à la messe...






... et moi à la fête...
Mais il y a encore peu de monde, je peux flâner devant les stands que la foule me cachait hier.



Autrefois réjouissance organisée par les clans pour la récolte de l’igname, cette fête est communale depuis 7 ans. C’est avant tout un grand marché de l’igname dont les stands proposent leurs huit variétés au concours, à l’admiration et à l'achat des visiteurs.




L’Association locale de gestion des centres agricoles lance un jeu...


La commune a étendu la fête à la présentation de ses autres richesses, le café, le bois. Un atelier de construction de pirogue attire les amateurs,







D’autres stands exposent des plantes ou appartiennent aux associations,

ou distribuent des informations : un mini-salon de l’étudiant (les études post-bac présentées par les étudiants de la Province nord), une initiation à la préservation de l’environnement...


Enfin le stand du Point I qui a mis en place toutes sortes d’activités : randonnées pédestres, balades sur la rivière/visite de la mangrove, confection et dégustation de bougna, visite en tribus, visite de champs d’igname, initiation à la sculpture, pêche de nuit, pêche de jour...

Je flâne en photographiant les stands tenus par les femmes aux robes multicolores...
 


devant le stand/restauration,

 

d’ignames,



ou de fleurs.


 

Et les cuisines s’activent.

 

Au programme : des danses (danse de la troupe de Kouaoua, des Diahots boys de Ouegoa, du collège de Téouty), et de la musique : des groupes d’un peu partout sur la Grande Terre ou les îles : Moneo, Poya, Poindimié, Lifou ...
Un petit thé en attendant : la guinguette est un bon poste d’observation de la tribune,



des allées ombragées de palmes et fleuries,




un bon poste d’où l’on peut innocemment photographier les spectateurs,

 







et les passant(e)s



Mais quel soleil ! Chacun s’abrite comme il peut,





Moi, pour le déjeuner, je préfère la plage de Mou tout près d’ici





sur l’aire aménagée de Pêuu... des farés avec table,



Certes il y a beaucoup de vent, il faudra improviser un couvercle pour parvenir à faire bouillir l’eau du café : une noix de coco...
 


Mais ce sera un café avec vue...


J’ai rendez-vous à 14 heures avec Philippe Pimbet, de la tribu de Néouta, pour une balade en pirogue. Le rendez-vous est au Point I... A 14 heures 15 toujours personne, ni Philippe Pimbet ni les cinq autres amateurs... “Allez-donc voir au départ des pirogues”, j’y vais... Personne ! Un voisin compatissant appelle le Philippe dans sa case : personne ! Bon je ferai quelques photos en l’attendant...
Des pirogues,




 




des rives,

 

 

 

 


C’est long ? On ne s’ennuie pas devant un tel paysage... A 15 heures : Philippe arrive, s’excuse d’une erreur de programmation... Arrivent aussi trois randonneuses qui escomptaient bien faire une balade avec lui... Tout le monde se penche sur le programme, Philippe Pimbet est inscrit trois fois à la même heure : à l’atelier pirogue, à la randonnée, à la balade en pirogue ! J’ai peut-être l’air plus désolé que les autres (ou bien est-ce parce que je suis toute seule ?) il me donne la préférence et nous voilà partis sur une de ces pirogues à balancier : pas beaucoup de place, gare à l’appareil photo



et attention quand on se retourne pour entendre les commentaires sur la tribu de Néouta, la fête de l’igname, et toutes les variétés d’arbres des bords de l’eau : cocotiers, bambous,

 

peupliers kanaks,

(quand ils se mettent à fleurir, me dit Philippe, c’est le temps de récolter l’igname... Dans le sud, à Prony, c’est quand arrivent les baleines que l’igname est à point : à chacun son repère de calendrier !)

 




avec leurs fleurs orangées,

 

 



des bouraos, et même un immense ficus,



enfin les palétuviers : quatre espèces, dont celle-ci, endémique, la plus rare.

 


On s’approche de l’autre rive,


 

 

des radeaux de “grands-mères” qui viennent pêcher les moules par ici, activité réservée aux grands-mères d’un certain clan,

 

des palétuviers “communs”,


et on se laisse bercer par le mouvement.

 

 

 

Après tout ce vert, retour à la fête des couleurs,







dans la lumière du soir.


Moins de monde, une petite nostalgie de fin de fête...





C’est bientôt fini, les cars repartent, à l’année prochaine dit le speaker, et tous se massent autour du podium pour accompagner les derniers chanteurs...









C’était très joyeux !





Lundi 21 août
Réveil matinal, la route sera longue...



Heureusement il y a la plage de la Roche-Percée à mi-trajet pour deux bonnes heures de pique-nique/baignade... la plage pour moi toute seule !

 




Publié à 02:09, le 1/09/2007,
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Un week-end à la foire de Bourail

“Une maison est trop petite, trop limitée.Je veux le monde entier, et aussi les étoiles.” Sue Hubbel - Une année à la campagne





Samedi 11 et dimanche 12 août 2007


Centre de colonisation agricole créé en 1867 pour la réinsertion des condamnés de bonne conduite, Bourail est devenu aujourd'hui, un village important et représente un important centre économique régional, un pôle agricole qui produit notamment 25 % des bovins néo-calédoniens et qui organise chaque année la plus grande foire agricole et artisanale du territoire durant trois jours à la mi-août, mixte entre une fête de cow-boy dans le far West, un salon de l’agriculture et de l’artisanat et une fête foraine.
La Foire de Bourail est tout à la fois une ferme en grand format, une basse-cour, une écurie, une étable, une fête foraine avec ses manèges, ses trampolines et ses autos tamponneuses, un mini-salon du 4x4 et de l’automobile, un salon plus conséquent du tracteur de la pelle mécanique et du gros camion (777 exposants).


Mais on peut aussi y acheter une petite voiture de ville, un quad, des vêtements western ou des objets artisanaux fabriqués par les tribus de la région.

On peut aussi se faire tatouer, se barbouiller les joues et les doigts dans une barbe à papa.
Les animations y sont nombreuses : spectacles de danse, démonstration de moto acrobatique (free-style et trial), les courses de motocross, de stock-car, et bien sûr l’incontournable rodéo, mais aussi l’exercice de maniement du fouet, le dressage de chiens, le rassemblement de troupeau, la course en sacs, le concert de country, sans oublier l’élection de Miss Foire de Bourail...

Départ samedi 11 heures après l’étude au Juvénat : j’ai squatté la voiture de ma collègue Marie-Ange et de son mari, Michel. Ils avaient été plus prévoyants que moi, ils ont une chambre à La Foa... j’emporte ma tente de camping !
Deux heures de route et nous y voilà : les lieux sont grandioses, un immense terrain (15 hectares) et les montagnes à l’horizon.

 

 

Des voitures un peu partout...

 

La tente est vite montée entre toutes ses sœurs : Je ne craindrai pas la solitude !
Nous, ce qui nous intéresse c’est le rodéo et il commence à 14 heures, allons-y vite !

 



Rodéo

Les premiers grands élevages des États-Unis furent ceux des missions espagnoles. La terre était là, libre, inculte, riche : il suffisait de lâcher quelques bestiaux à l'endroit propice pour avoir, quelques années plus tard, un grand troupeau.
La situation devint plus complexe lorsque les soldats, à la fin de leur engagement, reçurent des dons de terre du gouvernement espagnol : il était impossible de mettre en place des clôtures sur des kilomètres et des kilomètres et, l'eut-on fait qu'elles n'auraient probablement pas résisté à plusieurs milliers de bêtes, lorsque l'orage les affolait.
Ces immenses troupeaux n'avaient guère de débouchés : si, du Texas, on pouvait conduire son bétail sur pied pour en vendre la viande à la Nouvelle-Orléans, on vit en Californie pourrir des milliers de carcasses auxquelles on n'avait prélevé que la graisse, pour en faire des chandelles, et la peau, pour la tourner en cuir. Sans débouchés, ils n'avaient pas de valeur, mais ne coûtaient rien non plus : de l'eau, du soleil, et l'herbe poussait. Les vaqueros tuaient une bête lorsqu'ils avaient faim. Mais qu'était-ce en comparaison des veaux qui naissaient chaque année ? Sur la libre pâture (open range), le bétail se mélangeait, comme cela n'était probablement jamais arrivé dans la vieille Europe, où les terres étaient attribuées depuis longtemps, et où les seigneurs trouvaient d'autres possibilités d'investissement que des vaches en surnombre. Lorsque les ranches furent trop proches les uns des autres, chaque propriétaire voulut pouvoir compter ses animaux. La marque au fer rouge, appliquée sur le poil et dans l'épaisseur de la peau, laissait une trace indélébile : elle fut bientôt sur tous les adultes. Restait, chaque printemps, le problème des petits.
Pendant les premiers mois, l'enfant et sa mère se retrouvent toujours, par la voix et l'odeur. Les vaqueros mirent à profit ce signe de filiation et, avant l'été, les équipes mêlées des ranchos voisins rassemblèrent les bêtes à demi sauvages pour voir s'associer veaux et vaches, et marquer les plus jeunes. Une fois l'animal repéré, il fallait le séparer de sa mère et l'immobiliser, le temps d'appliquer la marque. On attrapait aussi un adulte au lasso, pour le soigner ou le manger et, pour avoir une monture fraîche, il fallait parfois aller la prendre dans une harde à moitié sauvage, et la dresser à supporter un cavalier et obéir à ses impulsions. Lorsque arrivèrent les Américains, ils adoptèrent les méthodes employées depuis des siècles par les vachers mexicains.
La seule manière d'arrêter rapidement un troupeau emballé est de le faire tourner en rond. Tourner. En espagnol : rodear ; d'où le mot rodéo... Les vaches sauvages s'égaient dans le maquis. En espagnol : chaparral. Pour les chercher sans se blesser aux épines, il faut couvrir ses jambes de cuir : ces sur-culottes s'appellent chaperreros, abrégé en chaps par les Américains. Mustang vint de mesteño, un mot ancien désignant les chevaux sauvages. Il existe toujours au nord du Mexique un "Llano de los Caballos Mesteños ", la Plaine aux Chevaux Sauvages. En même temps que le savoir faire, avec les modifications phonétiques inévitables, le vocabulaire des vaqueros se transmit aux cow-boys, que l'on appelait alors "cow-hands" et parfois "cow-punchers".


Tout est en place,


la buvette,


 

la tribune,


les chevaux,


 

les rodeomen,




et la foule... Il faut se faufiler pour parvenir à trouver une place... en plein soleil !



Après le défilé et la présentation des rodeomen, les épreuves vont pouvoir commencer : une trentaine de monteurs calédoniens et deux champions australiens...

La piste est libre pour :

la monte de chevaux sauvages (le cow-boy doit éperonner sa monture à chaque soubresaut et tenir le coup pendant huit secondes)



Tiendra, tiendra pas ?


Aïe, Aïe, Aïe...


Non !


Bon et le cheval maintenant ?

Pas de souci les pick-up boys sont là... ils ont vite raison du cheval fou et le reconduisent au corral.



le steer Wresling : deux cavaliers poursuivent un bouvillon (une vachette ?), il faut se jeter dessus et le renverser. Selon les règles, le cheval doit amener le cavalier assez près du bouvillon afin qu’il puisse incliner son corps à 45° en ligne avec le trajet du bouvillon et ainsi l’atteindre. A ce moment précis, en pleine course et avec une synchronisation parfaite, le cow-boy doit se glisser sur le dos de l’animal, lui saisir la corne droite, passer sa main libre sous la mâchoire et, après avoir immobilisé l’animal ou l’avoir amené à changer de direction, le terrasser le plus rapidement possible.
Pas facile...






et ça ne marche pas à chaque fois... “Bon, et alors qu’est-ce que je fais maintenant” dit la vachette qui vient se planter devant le public toute contente d’elle.

Oui, le spectacle est sympathique et il est partout,



tout le monde est content... mais chacun son truc,
ici,



ou à la rivière.



Les chapeaux sont de sortie,


 

Les parapluies aussi... mais pour le soleil !


 


Le public reflue,


vers la fête foraine,



les jeux de la chance,



la roue,



les autos tamponneuses,




les trampolines,



et pour les grands les danses polynésiennes... à admirer !



Mais aussi le hall des Comices agricoles,



 

les produits artisanaux,





(on vend du bougna)


les décorations sont étudiées...

C'est le coin des femmes,






et tout explose de couleurs.

 

Mais le soir tombe,


les enfants s’entraînent sur la piste préparée pour l’orchestre,




la nuit sera fraîche et bruyante pour les campeurs !


Dimanche 12 août

Après le trial impressionnant du dimanche matin,



 


 

ou pour les collègues qui nous ont rejoints, Catherine, Raymonde, et Robert, il y a encore le dressage de chiens ou la flânerie dans les stands et les achats...

il est temps d’aller déjeuner mais patience : l’organisation du restaurant n’est pas à la hauteur de ses fourneaux !



Un bon week-end mais il est l’heure de rentrer... pour l’étude du soir !




Publié à 07:21, le 13/08/2007,
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UN VOYAGE AU VANUATU

“Une maison est trop petite, trop limitée.Je veux le monde entier, et aussi les étoiles.” Sue Hubbel - Une année à la campagne

 

 


du 30 juillet au 6 août 2007


La première découverte de l’Archipel par les Européens date de 1606. C’est le Portugais Pedro Fernandez de Quiro qui, croyant avoir atteint le continent austral tant cherché lui donne le nom de : “Terra Australia del Espirito Santo” d’où le nom actuel de l’une des îles, Espiritu Santo.
Ce n’est que 160 ans plus tard que Bougainville reconnaît cette île et lui donne le nom de “Grandes Cyclades”. En 1774 c’est le britannique James Cook qui découvre à son tour l’Archipel lors de sa deuxième expédition dans le Pacifique. On lui doit le nom de “Nouvelles-Hébrides”. Connu sous ce nom au temps du Condominium, l’archipel prend le nom de Vanuatu le 30 juillet 1980, jour de son indépendance politique.


Lundi 30 Juillet 2007
Tontouta - 16 heures 40 -
Port-Vila - 17 heures 50

Vu de haut avant de quitter la Grande Terre : les reliefs pelés du Nord, une immensité désertique impressionnante...
Rien de plus agréable que de humer l’odeur d’un pays à la descente de l’avion sur le tarmac : ici une odeur différente de celle de Nouméa, plus tropicale, la touffeur d’un monde végétal resserré, très proche.
Bien sûr il fait déjà nuit mais aussi plus chaud : nous sommes à 1000 kilomètres environ au nord de la Nouvelle-Calédonie. Un accueil agréable : l’attente à la douane est divertie par les chants d’un groupe folklorique, à la fois entraînants et mélancoliques comme tous les chants mélanésiens.
L’aéroport est près de la ville et le “transfert” me conduit rapidement à l’Hôtel Formule Holiday. Toujours impressionnant d’arriver dans une ville la nuit : deux mystères se superposent et d’autant plus qu’ici comme à Nouméa on est loin de la débauche occidentale d’éclairage. Un réverbère, la lumière d’une maison ou l’entrée d’un hôtel signalent de temps en temps l’épaisseur de l’espace et la vie ou plutôt son secret... La rue de l’hôtel ne fait pas exception : bords effilochés, absence de trottoirs comme partout dans l’île je le verrai demain, une entrée discrète dans un renfoncement et c’est l’hôtel avec le charme de ses chambres dans la verdure, ses allées pavées, ses fauteuils sous les arbres...


Le temps de me changer et je pars à la découverte sinon de la ville -où est-elle d’ailleurs au milieu de tant d’ombre ?- mais d’un restaurant. Au hasard le premier sera le bon pour déguster au bord de l’eau -petites lumières qui tremblotent au loin et quelques reflets- un curry sri-lankais qui me fait rêver de m’installer... au Sri-Lanka !
Guère d’impressions pour cette première soirée mais tout de suite un exotisme que n’a pas Nouméa, ne serait-ce que du fait de la langue anglaise parlée partout. Ajoutons l’impression d’un environnement plus rudimentaire et un accueil partout étonnant, non du fait de sa gentillesse ce qui est aussi le cas en Nouvelle-Calédonie, mais d’une sorte d’immédiateté : partout les gens vous saluent comme si vous étiez le copain du coin qu’ils connaissent depuis toujours... même dans un contexte commercial (hôtel, restaurant...).
La chaleur est moite, il bruine depuis l’arrivée et pour la nuit ce sera un véritable déluge qui me rappelle les saisons des pluies africaines. De quoi dormir chaudement bercée !

Mardi 31 Juillet
Le réveil est matinal : un groupe de touristes joue les coqs sous ma fenêtre. Pas grave j’ai à faire si je veux visiter Port-Vila aujourd’hui. Les trombes d’eau sont calmées... il reste une petite pluie. A vrai dire je m’aperçois assez vite que la ville est petite et qu’il y a peu à voir en dehors du musée où je me pointe à l’ouverture. Encore un accueil personnalisé : on vous serre la main, on vous demande votre prénom... pour trois touristes égarés là, le directeur du musée fait une petite démonstration virtuose de dessin-langage sur le sable puis nous laisse errer devant des vitrines où les objets ne sont guère mis en valeur. Mais pas mal de curiosités, dont la technique pour déformer le crâne d’un enfant selon la coutume (1) et quelques massues à cochon qui feraient la joie de mon ami Bernard avec qui nous avons visité récemment la Grande Terre.
Dehors, toujours de la pluie et un nombre étonnant de voitures dans ces rues elles aussi sommaires. Au centre ville ce n’est pas le luxe : boutiques chinoises comme ailleurs, cases

 

ou vieux baraquements de tôle entre quelques petits immeubles.

Au café où je finis par me réfugier, une population blanche d’origine anglaise (un accent nasal à couper au couteau, impossible de pousser l’identification plus loin) entretient par-dessus ma tête une conversation avec une autre table. N’ont pas trop l’air d’être touristes...
L’après-midi est consacrée à flâner dans toutes les boutiques : difficile de faire autre chose, il n’y a que cela et des cafés tout au long de la rue. Mais à la différence de la Nouvelle-Calédonie où l’artisanat est rare, il y en a beaucoup ici, et intéressant, non seulement dans quelques bonnes boutiques qui écument visiblement les îles du Pacifique mais aussi sous des paillotes en plein air, au bord de l’eau.

Le monde d’ici est organisé autour de cette maigre subsistance si l’on en juge par la pauvreté générale : entre les étalages sont installées, assises par terre, des femmes qui tressent la paille ; ailleurs c’est un souk de couturières qui me fait penser à celui de Hongkong. Et partout de très belles sculptures : je viendrai faire du shopping le 6 à mon retour de Tanna.
Mais le temps ne favorise pas le tourisme ni la circulation entre une file ininterrompue de voitures qui ne se soucient guère du piéton... et aucun feu rouge !
La présence française est assez importante mais c’est l’anglais qui a la priorité. Aperçu au passage le Centre culturel français, l’alliance française et l’Ambassade avec une pensée pour l’ami Garbes nommé ambassadeur ici en 2003, ex-patron de l’AEFE et dont la femme Janine était à la même époque que moi à l’Agence chef du secteur Asie/Pacifique. Dommage ils sont déjà repartis, je serais bien allée leur faire la causette.
Au total une journée sous la pluie (de nouveau battante à 5 heures) et dans la boue des rues,
je suis rentrée saucée... mais enchantée : on aperçoit ici une culture forte (celle des Kanaks, quoique encore bien vivante est déjà affaiblie).
Des cacahuètes (sublimes) achetées au marché ce matin (quand je suis repassée à 17 heures il était encore actif), une bonne bière et du poulet au riz/curry saisis au passage dans un Take away et je dîne... dans ma chambre !

Mercredi 1er août
Et toute la nuit, tranquilles, monotones, des trombes d’eau. De là-haut quelqu’un verse avec une parfaite régularité le contenu d’une immense bassine. La saison des pluies commence me dit-on à la réception. Heureusement c’est un peu plus calme au matin -petit matin- pour le départ vers Tanna : en cas de conditions météorologiques mauvaises on ne décolle pas ! 20 places dans le petit avion (pas trouvé de nom à l’intérieur) mais nous n’étions que 12, dûment pesés chacun ainsi que le sac à dos et à mains ! Mais pas d’inquiétude A Dieu vat !... Et d’ici on doit y aller plus vite, en quelque sorte en voisins...
Pas d’inquiétude mais un intérêt amusé, excité, de tous les passagers pour cet avion qui ressemble à un jouet : échange de plaisanteries d’Anglais très anglais avec le pilote et son copilote.

 

Finalement beaucoup de plaisir à être là-haut, dans un vrai ciel et non cette abstraction qui est celle des grands courriers, à voir (et photographier ! J’ai bien fait une vingtaine de photos...) la terre vue de ce ciel, les îles, les nuages et quelques curiosités dont il faudra que j’entretienne mes physiciens -ou scientifiques- préférés.

 

 

45 minutes de vol : il est vrai que l’archipel est long (80 îles et îlots qui dessinent un Y) et que je vais à celle qui est tout en bas du collier de perles, mais on ne va pas non plus très vite. Encore quelques photographies de la bête, au sol cette fois,

 

 

puis un transfert au Tanna Evergreen hôtel à 1 km de l’aéroport : au milieu du désert d’une route sablonneuse au soleil, des fleurs signalent l’entrée de deux hôtels, l’Evergreen,

 


 


et ses bungalows,

 

puis quelques cases,

 

 

et, à cent mètres, le White Grass resort plus luxueux, -tenu par une Anglaise que je verrais bien en Miss Marple- offre plus de possibilités (golf, tennis, salons d’accueil) sur un site à tomber à la renverse (je l’avais éliminé pour le prix : et ici les prix sont occidentaux !) mais j’y viendrai déjeuner tous les jours

 

pour ses jardins aux daturas,

 

 

 

sa vue,

 

ses “fauteuils sur mer”, on ne craint pas les voisins,

 

 

... au-dessus des falaises...

(mais pas de plage... il faut aller un peu plus loin)

 

enfin ses crépuscules !


L’Evergreen est néanmoins très correct avec ses bungalows dans la verdure (on se demande d’ailleurs ce qui ne le serait pas ici) et une petite structure plus familiale. La famille est futée : elle agrandit le lieu, on bâtit actuellement un restaurant avec vue (pour l’instant c’est le point faible, la cuisine quoique de qualité est servie dans une case fermée).
Un temps splendide aujourd’hui et une première matinée passée à chercher la plage sur un sentier de terre battue (pas d’autre route ici que des chemins sablonneux ou de terre battue) entre les herbes hautes et une végétation tropicale au milieu de laquelle on aperçoit parfois une case. Je suis longtemps le sentier, des enfants, deux femmes, une autre qui travaille à son jardin (me dit-elle) perdu dans les bois, et tous m’indiquent que la Little little White beach est un peu plus loin... Non, je l’apprendrai demain, elle est derrière moi... Je finis par rebrousser chemin et trouve tout de même le Blue Hole au milieu d’impressionnants rochers,

 

et un petit coin de graviers pour ma serviette... Mais une vue !!


Un petit repos avant le départ à 16 heures pour le volcan Yasur (2) : pour moi un vrai nom de personnage de roman ou de mythologie, dieu monstrueux ou diable je ne sais... en tout cas un spectacle inoubliable ! Certes il se mérite : une heure et demie de tapecul aller et une heure et demie de tapecul retour (et une bonne sciatique toute la nuit) dont une bonne demi-heure dans un désert de lave.

 

Auparavant une très belle végétation tropicale, banians, immenses fougères arborescentes, kaoris...
A l’arrivée un belvédère, balcon naturel : tout à fait dangereux avec ses bords non signalés voire avec éboulements possibles, où n’importe qui de la trentaine de personnes présentes pourrait glisser et tomber en pleine nuit,

ma veine aventurière s’est tenue prudemment à l’écart -quoique assez près pour profiter du feu d’artifice-, un belvédère d’où l’on surplombe non le four (un autre balcon un peu plus bas le cache) mais le feu et les explosions de ce géant malappris. A vrai dire c’est nous qui ne sommes pas à notre place, vraiment dépassés par l’énormité de ce travail sous nos pas d’une terre où nous prétendons vivre. Philosophie de gare certes mais impossible de l’éviter ici ne serait-ce qu’un instant, et je dois dire que moi qui n’étais guère sensible jusqu’à présent au charme des volcans, j’ai été et reste subjuguée par la déclaration enflammée de celui-ci, comprenant -enfin !- que l’Empédocle antique ne s’est pas jeté dans le cratère de l’Etna mu par le seul désir, dit-on, de dépasser la condition humaine mais peut-être happé par un vertigineux appel...

 


 

Tous mitraillent, avec des appareils plus ou moins sophistiqués, avec pieds, sans pieds... Une équipe de la télévision vietnamienne est là ainsi que quatre collègues de co-voiturage, deux juifs intégristes redoutables demandant à leur voisine (non, pas moi, j’étais pour une fois décente) de cacher ce genou qu’ils ne sauraient voir (no comment !) venus pour six mois au Vanuatu enseigner l’art de gérer une ferme (j’espère que les poules sauront se conduire correctement), et deux Aixois sympathiques qui collectionnent les voyages (six par an me disent-ils, ajoutant “mais c’est un choix de vie”), lui chercheur (de quoi ? Je ne sais pas encore) et elle infirmière. Intéressants, je leur donnerai mon adresse à Nouméa où ils vont passer les trois semaines prochaines. Et aussi l’adresse d’AGIR qui les intéresse bien sûr...

Jeudi 2 août
Toujours un temps splendide et cette fois j’ai trouvé la plage. Il faut tourner à gauche au Great Banian, j’ai tourné à gauche au Great Banian... C'est tout simple non ? Plus une crique qu’une plage à vrai dire, mais totalement solitaire, ça me va très bien... Ses rochers,


 


ses recoins et ses reflets,

 


et les détails des roches...


Pas de problème, entre le ciel, la mer et moi c’est le grand amour. Un bain, une aquarelle et un bouquin. Encore un paradis, il va falloir que je songe à leur mettre des étoiles. En sortant j’apercevrai une femme en train de tremper ses fibres de cocotier (pour tresser la case ?).
Déjeuner sur la terrasse du White grass, retour repos à la case avant un thé au crépuscule (une vingtaine de photos ?) de nouveau au White grass : un de ces moments parfaits de silence et de solitude dont j’ai bien du mal à m’arracher pour rentrer...

 

 

Mais la petite route sent bon la campagne, la vache, sa bouse, les cochons, et les grands arbres se sont figés dans la lumière rose du soir : il fera beau demain !



Vendredi 3 août
... et il fait un temps splendide ! Alors remettez-moi ça : la même petite journée, la même crique au soleil, aquarelles et lecture, déjeuner, promenade sur la plage de l'Evergreen à marée basse,

 

à observer les jeux d'eau et sous l'eau,

puis thé au crépuscule (et photos !) à Terrasse-sur-mer au White grass.

Grand vent le soir. Au dîner un Australien (origine néo-zélandaise) m’apprend que l’île d’Espiritu Santo a connu un fort séisme hier (7 sur l’échelle de Richter). Situé sur la ceinture de feu du Pacifique, point de rencontre de deux plaques tectoniques continentales, le Vanuatu connaît de fréquents tremblements de terre, mais rarement aussi forts.

Samedi 4 août
Toujours beaucoup de vent mais toujours un temps splendide et un peu de nouveau aujourd’hui : désireux de recevoir un groupe venu pour un mariage, l’Evergreen m’a tout simplement... éjectée ! Et conduite à 15 minutes de là au Tanna Sunset bungalows. Encore un site à couper le souffle et cette fois la case a vue sur mer même si celle-ci est comme partout ici à peu près inaccessible (falaise qui la surplombe),

néanmoins bien sûr je fais savoir vivement mon mécontentement (valises, transfert, réaccoutumance), mais Helen qui tient le lieu est touchante de gentillesse directe et je suis la seule occupante !

(ma case)


Il faut dire que ce lieu d’accueil ne date que de deux ans et n’est pas encore connu des touristes et des Agences. Des liens personnels se tissent avec Helen : me voilà promue à la publicité pour le Sunset, je n’y manquerai pas : calme, gentillesse, cuisine locale dans la salle commune, bungalows tissés aux couleurs du Vanuatu (rouge, jaune, vert)

et à cinq minutes d’ici le village de Lenakel où Helen a décidé de m’accompagner tout à l’heure pour me faire connaître tout le monde !

(Helen et son petit-fils)


A noter aussi : des promenades possibles tout autour au lieu de la longue route blanche et monotone de l’Evergreen où le touriste est captif des excursions proposées à des prix prohibitifs (50 euros la moindre visite de village ! J’ai résisté pour le principe).
Déjeuner avec trois touristes australiens d’un hôtel voisin venus prendre le lunch ici. L’occasion de bavarder un peu...
Deux aquarelles, un peu de lecture, puis “à la fraîche” le tour du village (300 personnes environ), longue promenade d’une heure dans et autour avec Helen et son petit-fils à admirer :

 

le vieux banian,

les cases,

 

 

le port (deux bateaux par semaine), la plage, de nombreuses boutiques, un centre commercial,

 

 

une école, un marché, un hôpital, et même des ronds-points.

 

Nous sommes samedi, tout est fermé, la jeunesse traîne désœuvrée -non, non me dit Helen pas de lieu pour danser ou chanter, juste des bars à kava (3). Oui, les femmes peuvent y aller-.


J’ai protesté et à juste titre contre le déplacement, mais je n'ai pas perdu au change : cela a été l’occasion de découvrir un village (j’avais fini par imaginer qu’il n’y en avait pas sur l’île de Tanna !), et au lieu
d'une longue ligne droite entourée d’un mur de verdure,un vrai paysage,

- et celui-ci a beaucoup de charme avec ses cocotiers-girafes-,

ses espaces dégagés bordés de bosquets ou de cases. Enfin le plaisir de la conversation (anglaise) détendue avec Helen (deux mels par jour depuis mon retour... et je suis porteuse d’une lettre à une amie à elle à Nouméa que je vois demain). Helen rentre préparer le dîner, je continue la promenade une petite demi-heure histoire de prendre encore quelques photos du village, de ses maisons.

 

 



Et je retourne sur la plage admirer les jeux des enfants,

 

les pirogues à balancier,

... et le crépuscule :

sur la plage,